Exégèse & Théologie


Il touche presque à sa fin, et cela n’a plus trop de sens d’écrire un billet là-dessus. Mais tout de même, au pire j’y repenserai l’année prochaine, et je saurai alors mieux expliquer ma démarche.

Chaque entrée en Carême est l’occasion de se demander à quoi ça sert. Et c’est une très bonne chose : car chaque année j’approfondis la compréhension de cette merveilleuse démarche (et je me réjouis d’avance de découvrir ainsi d’autres choses dans un an).

Cette année, je ne sais pourquoi, l’interpellation m’est venue conjointement du web et de la radio, sous la forme : « les protestants ne font pas le Carême :  pourquoi se limiter à faire des efforts 40 jours par an ? C’est toute l’année qu’il faut en faire. »

C’est parfaitement vrai : c’est toute l’année que nous devons nous efforcer de progresser vers la sainteté et vers le Père. Mais formuler cette objection au Carême, c’est croire que les « efforts » sont un objectif du Carême. C’est faux : ce sont des moyens.

Peu de fêtes catholiques sont ainsi précédées d’un temps de préparation : Noël, avec l’Avent — et Pâques, avec le Carême. Pour une raison bien simple : parce que c’est vraiment dommage d’arriver comme une fleur le dimanche de Pâques sans avoir pris le temps de méditer ce profond et magnifique mystère de la Résurrection.

Venir simplement à la messe de Pâques, ou se préparer à cette fête 40 jours à l’avance représente une différence bien plus considérable que de venir à la messe « ordinaire » en ayant lu au préalable les textes liturgiques, ou sans les avoir lus.

Bref, ces « efforts de Carême » sont là uniquement pour nous aider à tendre notre esprit vers la Résurrection. C’est un temps de méditation et de préparation spirituelles.

La question est donc : comment se préparer au mieux à une telle fête ? Comment, en dépit du quotidien qui nous harcèle, nous sollicite, nous divertit ou nous passionne, vivre en plus ce temps de préparation ? En essayant de s’en dépouiller un peu, d’y renoncer, pour faire un acte de volonté qui montre quelles sont ou devraient être les priorités.

L’Eglise nous propose des « outils » que les siècles ont validé par l’expérience des chrétiens qui les ont pratiqués. Il est évidemment possible, et souhaitable, à chacun, de suivre sa propre démarche, en réfléchissant à son cas personnel, à ses dépendances propres, etc. Mais il me semble que c’est un signe fort d’humilité d’accepter aussi, malgré des réticences naturelles, malgré un manque de conviction possible, ces moyens traditionnels : le jeûne, la charité (le don aux pauvres) et la prière.

Et je me permets de reproduire ici la citation de John Newman donnée sur ce billet :

Changer nos coeurs signifie d’apprendre à aimer des choses que nous n’aimons pas spontanément – et désapprendre l’amour de ce monde, ce qui suppose d’aller à l’encontre de nos désirs et goûts naturels. Être juste et obéissant nécessite la maîtrise de soi. Pour la posséder, nous devons la conquérir, et nous ne pouvons la conquérir sans une lutte continue contre soi-même. Le fait même d’être religieux implique le renoncement à soi, car nous n’aimons pas spontanément la religion. […]

Qu’est ce que jeûner, sinon s’abstenir de ce à quoi nous pouvons légitimement prétendre ; pas simplement de ce qui nous pousse au péché, mais aussi des choses innocentes ? De ce pain que nous pourrions légitimement prendre et manger avec reconnaissance, mais qu’à certains moments nous nous refusons, comme renoncement à soi. Voici ce qu’est le renoncement à soi pour le chrétien : pas une simple mortification du péché, mais une abstinence, même des bénédictions de Dieu.

Donc oui, je suis d’accord avec les protestants : c’est toute l’année qu’il faut s’efforcer d’être bon. Mais se préparer à Pâques toute l’année ?

Lisant La Virevolte de Nancy Huston, et me remémorant Nous sommes éternels de Pierrette Fleutiaux, j’ai été de nouveau frappé par la corporéité des personnages et des narrations, cette relation au corps complètement intégrée à l’existence, et qui ne me semble exister que chez des femmes écrivains.

Il y a autre chose encore. Les deux romans traitent de danseuses, et pour les deux personnages principaux, la danse est décrit comme l’épanouissement réel de l’être, comme si ce que le corps (et l’être entier) devient pendant la danse était ce à quoi tout corps (et tout être) est promis, comme son accomplissement et son épanouissement ultime.

En bref, pour ces deux femmes (les héroïnes des deux romans), la danse est la vocation de l’être.

J’ai le sentiment que, pour ma part, si je faisais de la danse, je vivrais chaque nouveau mouvement, chaque prouesse, comme une victoire personnelle sur mon corps, comme une victoire sur des obstacles, victoire issue de contraintes que je me serais imposé dans un noble objectif. Le plaisir ne serait pas dans la danse, dans le mouvement, dans la grâce, mais dans cette victoire même.

Le Christ nous dit que nous sommes tous appelés à la sainteté.

Et il est deux manières de voir cet appel : soit comme un noble objectif, qui ne s’obtient que par des contraintes toujours croissantes pour apprendre à plier ma propre volonté ;

ou comme la vocation évidente de ma vie.

Je souhaite pouvoir le vivre ainsi. Et il est certain que ce n’est pas à autre chose que le Christ m’invite.

J’ai regardé récemment Sister Act (oui, j’avais le choix entre Gran Torino et Sister Act, mais quand c’est pour faire du repassage, j’ai besoin de n’être pas trop sollicité intellectuellement).

J’ai découvert que s’y étaient glissées (sans aucune mauvaise intention) deux idées très fausses et très répandues.

1. Le couvent n’est pas un refuge pour jeunes femmes effrayées

On y entend Maggie Smith (la mère supérieure) expliquer à Woopie Goldberg que les habits des religieuses ne les protègent plus des dangers de ce monde, mais que les murs du couvent peuvent encore assumer ce rôle.

Cette affirmation laisse entendre que les religieuses qui sont venues ici ont, d’une certaine manière, été repoussées ou effrayées par le monde jusque dans le refuge du couvent, pour y trouver enfin asile.

L’Eglise ne refuse pas l’asile quand on le lui demande — sauf s’il se voile de l’apparence d’une vocation. Les couvents et les séminaires, même si on admet l’idée qu’ils puissent être « en crise » (concept à définir, d’ailleurs), n’acceptent pas n’importe qui pour gonfler leurs effectifs.

Cela ne signifie pas qu’il y ait un filtre comme dans les lycées cherchant à obtenir du 100% d’obtention au bac. Mais il faut que la personne qui y pénètre s’y sente appelée.

Ce n’est pas par le refus de certaines réalités que les religieux et religieuses entrent au couvent, mais par le choix d’autres réalités. La dynamique en est toute différente.

Du reste, dans le film, aucune des bonnes soeurs du couvent en question ne laisse percer le moindre signe de crainte envers le monde extérieur. Comme quoi le ton général n’en est pas si erroné. Mais comme cela correspond à un certain regard porté sur les couvents, que j’ai déjà rencontré, je tenais à le signaler.

L’Eglise ne sert pas « à quelque chose » : elle est au service

Ensuite, il y a dans le film un basculement dans la vie du couvent, lorsque les soeurs se mettent à entrer en contact avec la population alentour.

Il est vrai que le quartier est pauvre, défavorisé, sale, les jeunes y semblent désoeuvrés et laissés à eux-mêmes. Bref, des personnes qui prétendent se consacrer à Jésus (et donc aux autres : Cf. Mt, XXV, 34 et suiv.) ont mieux à faire qu’à rester enfermées chez elles, bien au chaud.

De fait, lorsqu’on fait le bilan de l’histoire de l’Eglise, on peut être tenté d’évaluer ce qu’elle a fait de bien, et ce qu’elle a fait de mal. Pour en conclure : voilà toute son histoire dans les siècles passés. On ira donc ainsi de l’inquisition au CCFD (quand on aura la bonté ou l’honnêteté de voir un lien entre l’Eglise et le CCFD, ce qui n’est pas toujours évident).

Sauf que

Sauf que l’Eglise n’est pas là pour « faire quelque chose » : elle est là pour transformer ce qui existe.

Pour le comprendre, il faudrait déjà avoir une vision claire de ce qu’est l’Eglise. Pour l’instant, je vais en rester à ce que je disais dans ce billet : L’Eglise est la manière qu’ont ceux qui croient et Jésus de l’aimer et le prier, d’une manière qui a pris une certaine forme dans le temps (l’histoire de l’Eglise, avec l’élaboration progressive des institutions, etc.).

(je précise bien que ce n’est pas là tout ce qu’est l’Eglise — mais c’est déjà une façon de s’en approcher)

L’Eglise émane d’une volonté de Jésus (sa dénomination, quelle que soit la projection qu’Il en faisait, est bien présente dans les Evangiles), et d’un besoin de ses fidèles, qui voient bien qu’on ne peut être un bon chrétien en restant seul.

L’Eglise, c’est la communauté des croyants qui se donnent les moyens d’exister comme communauté (en commençant par s’efforcer de définir qui en fait partie ou non, par exemple).

C’est pour cela que l’Eglise existe : pour permettre à toute personne qui veut suivre le Christ d’être vraiment chrétienne, de grandir dans la foi, de rencontrer Dieu.

L’Eglise ne sert à rien

Pour comprendre en quoi (de quelle manière) elle intervient au premier chef dans l’histoire de l’humanité, on peut se rappeler (pour ceux qui la connaissent déjà) ou découvrir cette sorte de parabole (il y a plusieurs variantes — je vais faire court) :

Trois artisans sur un chantier au XIIIe siècle, faisant rigoureusement le même travail. On demande au premier : « Que fais-tu ? — Moi ? Je frappe  sur une pierre avec une masse ». Puis au second, qui répond : « Je taille une pierre ». Et le troisième : « Je prends part à la construction d’une cathédrale ».

L’Eglise, comme communauté des chrétiens, est là pour que chacun voit chaque acte de sa vie de tous les jours, transformé par la foi. (Et quand je parle de « communauté », cela relève plutôt de la terminologie musulmane avec la notion de communauté des croyants : la Bible et l’histoire de l’Eglise parlent plutôt de peuple de Dieu, peuple de baptisés)

C’est à cette aune-là, en tant qu’elle facilite l’accès à Dieu et transforme le quotidien de chacun de ses membres, qu’elle doit être évaluée dans sa dimension historique.

On me dira alors : « Aujourd’hui, elle semble plutôt un obstacle à beaucoup, un rempart entre Dieu et les hommes ».

Il est possible qu’elle semble être cela. Mais je ferai tout de même trois remarques :

  1. Ceux à qui elle semble rempart, qui sont-ils, à une époque ou 58% des « catholiques » croient à la résurrection du Christ ? Qu’attendent-ils de l’Eglise si déjà ils n’attendent rien de Dieu ?
  2. Ce qu’est l’Eglise aujourd’hui s’est élaboré en réaction de protection face à des dangers anciens (chacun des dogmes est une manière de clore des débats qui divisaient plus la communauté des chrétiens qu’ils ne lui apportaient une meilleure connaissance de Dieu)
  3. Que l’Eglise puisse paraître un obstacle pour certain, ses principaux membres (évêques, prêtres) en sont conscients et cherchent de nouvelles voies pour redevenir le chemin vers Dieu. Mais ces voies ne s’inventent pas en quelques mois, et leur justesse ne peut être évaluée par des critères issus simplement de la société « civile et laïque ».

L’Eglise sert

En étant membre de l’Eglise, le chrétien approfondit sa foi et sa vie spirituelle, il transforme le regard qu’il porte sur les choses et les êtres — il transforme les choses et les êtres eux-mêmes (… ou il devrait !).

Et c’est lorsqu’il a posé cette première étape qu’il peut se mettre au service du monde. La position de serviteur est la position naturelle du chrétien, la seule qu’il puisse adopter, et ce à n’importe quel niveau dans l’échelle sociale (le pape reste « le serviteur des serviteurs de Dieu », servus servorum Dei).

Mais l’action sociale, par exemple, n’est pas le premier objectif de l’Eglise, ce n’en est que la conséquence logique et naturelle. Un chrétien qui aurait trop à faire pour prier, se viderait de ce qui fait de lui un chrétien.

J’ai eu la chance d’être bercé toute une année par cette phrase de saint Jean Chrysostome :

La prière est la lumière de l’âme

Elle mérite d’être méditée. Longuement.

NB : Je n’ai mentionné que la « relation » entre l’Eglise et les hommes et femmes qui la composent. Il est évident que dans la théologie catholique, elle  a aussi une « relation » à Dieu qu’il me faudra bien évoquer un jour ou l’autre…

J’ai enfin pris le temps de répondre à Bashô. Cela aurait même mérité un billet, car j’ai dangereusement essayé de répondre en commentaire sur des questions que je trouve extrêmement complexes à aborder (à comprendre d’abord, pour moi-même, puis à exprimer). Les esquisses peuvent engendre plus d’incompréhensions que le silence.

Bon, j’ai pris le risque…

Je profite de son commentaire pour faire malgré tout un billet, car il y évoque saint Pierre qui renie Jésus trois fois (selon une formulation qu’enfant, d’ailleurs, j’ai toujours trouvé tordue : « Avant que le coq chante deux fois, tu m’auras renié trois fois », Mc, XIV, 30 — heureusement que Matthieu a une version plus simple).

Ce triple reniement me renvoie à une découverte qui m’a mis en joie récemment, grâce au livre de Timothy Radcliffe :

T. Radcliffe, Pourquoi aller à l’église ? : l’eucharistie, un drame en trois actes. Paris: les Éd. du Cerf; 2009.

Souvenez-vous ce passage de l’évangile selon saint Jean (Jn, XXI, 15-17), ou Jésus demande par trois fois à Pierre s’il l’aime.

Cela se passe après la Résurrection (juste après la pêche miraculeuse).

J’avais depuis longtemps entendu (dans des homélies notamment) que dans le texte grec de cet évangile Jésus n’utilisait pas le même verbe les trois fois, mais un verbe signifiant « Aimer » et un autre signifiant « Aimer absolument, complètement et de manière inconditionelle ».

Radcliffe m’a enfin permis de savoir dans quel ordre :

  • La première fois, Jésus demande : « Pierre, m’aimes-tu absolument« . Pierre lui répond : « tu sais bien que je t’aime. » Pierre aime donc Jésus comme il en est capable, comme un homme peut aimer un autre homme, mais pas comme Dieu aime les hommes (et pas comme Jésus aime ses disciples).
  • La seconde fois, Jésus demande encore : « Pierre, m’aimes-tu absolument« . Et Pierre lui répond encore, désolé mais tout de même sincère : « Seigneur, je t’aime » (mais pas plus).
  • Alors, Jésus demande enfin : « Pierre, m’aimes-tu » et Pierre lui répond : « oui, je t’aime ».

Pour la troisième question, Jésus renonce donc à demander à Pierre un amour absolu et infini : il se place à sa hauteur, il demande à Pierre de l’aimer et accepte cet amour-là, Pierre étant incapable de lui offrir mieux.

Dieu accepte les pauvres choses que nous sommes capables de lui offrir. Cette capacité de Dieu à m’en contenté m’a réjoui et soulagé longuement. Alors oui, ces petits actes que nous faisons au quotidien, toute notre vie cachée, peu glorieuse, laborieuse — oui, elle a de la valeur aux yeux de Dieu. Bien sûr, il nous demande davantage : il nous demande tout (Mc, X, 21 : « va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres »), mais il ne considère pas comme négligeables les petites choses que nous sommes prêts à donner.

Il attend patiemment que nous soyons capables de donner davantage (chacun chemine à son rythme) : Pierre, le jour de la pêche miraculeuse, n’est pas prêt à offrir plus. Mais plus tard,

« quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et un autre te ceindra, et te mènera où tu ne voudras pas. » Il dit cela, indiquant par quelle mort Pierre devait glorifier Dieu. (Jn, XXI, 18)

Lorsqu’ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? » Il lui répondit : « Oui, Seigneur, vous savez que je vous aime. » Jésus lui dit : « Pais mes agneaux. » Il lui dit une seconde fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre lui répondit : « Oui, Seigneur, vous savez bien que je vous aime. » Jésus lui dit : « Pais mes agneaux. » Il lui dit pour la troisième fois : « M’aimes-tu ? » et il lui répondit : « Seigneur, vous connaissez toutes choses, vous savez bien que je vous aime. » Jésus lui dit : « Pais mes brebis. »

Peut-être avez-vous raté la messe du 23 août dernier ? Si vous y étiez, vous n’avez pu manquer d’entendre et d’écouter ce fameux extrait de saint Paul sur l’homme et la femme (Ep, V, 21-32) :

Frères, par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres ; les femmes, à leur mari, comme au Seigneur Jésus ; car, pour la femme, le mari est la tête, tout comme, pour l’Église, le Christ est la tête, lui qui est le Sauveur de son corps.
Eh bien ! si l’Église se soumet au Christ, qu’il en soit toujours de même pour les femmes à l’égard de leur mari.
Vous, les hommes, aimez votre femme à l’exemple du Christ : il a aimé l’Église, il s’est livré pour elle ;
il voulait la rendre sainte en la purifiant par le bain du baptême et la Parole de vie ;
il voulait se la présenter à lui-même, cette Église, resplendissante, sans tache, ni ride, ni aucun défaut ; il la voulait sainte et irréprochable.
C’est comme cela que le mari doit aimer sa femme : comme son propre corps. Celui qui aime sa femme s’aime soi-même.
Jamais personne n’a méprisé son propre corps : au contraire, on le nourrit, on en prend soin. C’est ce que fait le Christ pour l’Église,
parce que nous sommes les membres de son corps. Comme dit l’Écriture :
A cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un.
Ce mystère est grand : je le dis en pensant au Christ et à l’Église.

Avez-vous bien lu ? « Vous, les hommes, aimez votre femme à l’exemple du Christ« .

Donc saint Paul attend de moi (à l’égard de mon épouse) le dévouement que le Christ a eu pour les hommes ?
Que je me dévoue à chaque seconde pour elle, toujours disponible ?
Que je sois prêt à marcher des heures durant, à me priver du minimum de confort, si c’est nécessaire ?
Que je sois prêt à lui laver les pieds (ou toute autre épreuve humiliante) ?
Que je sois prêt à mourir pour elle ?
Bref, que je lui voue un amour sans limite, à l’image de l’amour que Jésus a eu pour nous ?

Et mes droits d’individu ? Et mes propres plaisirs ? Et mon propre temps libre ?

Face à une telle charge que saint Paul confie à l’époux, la femme a beau jeu de se dire : « un amour si grand ? aucun problème, je m’y soumets » !

Précision : ce billet n’a pour mission que de faire ressortir que saint Paul n’était pas misogyne, et que ce qu’il attend de l’homme rend la « soumission » (c’est-à-dire l’acceptation d’une telle attitude) de la femme évidente, naturelle. Une femme qui refuserait un tel époux ? ce serait scandaleux !

Je sais, la levée de l’excommunication des quatre évêques intégristes date un peu (mi-janvier 2009) mais le voyage de Benoît XVI en Terre Sainte relance les discussions autour de Mgr Williamson. Si bien que je me demande ce qu’attendent ceux qui critiquent la levée de l’excommunication : il me semble que, explicite ou non, leur aspiration serait finalement que Mgr Williamson au moins (à défaut des trois autres) soit de nouveau excommunié.

Que doit faire le Pape en apprenant que Mgr Williamson est négationniste ?

1. Puisqu’il a été mal informé pour prendre sa décision, il est logique qu’il sanctionne celui ou ceux qui l’ont mal informé. C’est ce qui s’est passé : l’évêque colombien Castrillon Hoyos  a « perdu son boulot », comme le dit le Père Kubler sur France Inter (à la 14e minute).

Soit dit en passant : j’attends du Pape qu’il passe beaucoup de temps à prier, plus en tout cas qu’à surfer sur Internet pour trouver des infos sur ses évêques et vérifier la qualité des dossiers qu’on lui donne. Et nous voyons bien que ce problème n’est pas propre au pape : nos députés qui doivent voter sur le téléchargement illégal sont en grande difficulté pour définir le peer-to-peer.

A noter également : Mgr Hoyos affirme lui-même qu’il ignorait les propos négationnistes de Mgr Williamson. La différence est que lui aurait dû le savoir.

2. Ensuite, le Pape doit réaffirmer être opposé au négationnisme comme affirmation historique. Ce qu’il fait le 2 février, 10 jours après la levée des excommunications.

3. Réexcommunier Mgr Williamson ?

Avant de se poser la question, il faut comprendre pourquoi on excommunie quelqu’un.

L’excommunication ne doit pas se concevoir en premier lieu comme la sanction face à une faute.

Croire que l’excommunication est une punition, c’est croire qu’une léproserie est le châtiment du lépreux.

Une des origines de l’excommunication peut se trouver dans l’évangile selon saint Matthieu, chap. V, 29-30 (Mt V, 29-30) : « Si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi ; car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier ne soit pas jeté dans la géhenne. »

L’excommunication est une mise à l’écart de la communauté des chrétiens, pour éviter une contamination. L’objectif double est de préserver les fidèles qui le restent (fidèles) et de susciter chez la personne ainsi mise au ban le désir de revenir. Saint Augustin explique même que si l’excommunication n’a aucune chance de ramener l’hérétique, il est inutile de l’excommunier : il dit qu’il peut être bénéfique d’excommunier une brebis malade, mais que si la moitié du troupeau est atteinte, il vaut mieux n’excommunier personne mais essayer de les guérir en les gardant à l’intérieur de l’Eglise.

La levée de l’excommunication des quatre évêques était voulue comme la preuve de bonne volonté de la part du Vatican, qui voulait prouver son désir ardent de résoudre ce schisme lefebvriste, source de « scandale » (c’est-à-dire contre-témoignage de l’amour de Dieu). C’est plutôt une preuve d’intelligence et d’ouverture d’esprit dans des pourparlers que de baisser la garde le premier, et faire confiance à son interlocuteur…

En outre, levée ne signifie par réintégration dans l’Eglise. Quand un laïc est réintégré, celui lui donne le droit de recevoir les sacrements. Quand un ecclésiastique est réintégré, cela lui donne le droit de dispenser ces sacrements. Ces hommes (qui ne sont pas reconnus « évêques ») sont tout simplement « non-excommuniés », comme des millions de gens dans le monde (musulmans, bouddhistes, athées, etc.).

Une fois cette levée prononcée, une nouvelle excommunication n’aurait eu aucun sens — sauf à (ré)conforter l’opinion publique, c’est-à-dire à donner de l’importance à une conception fausse de l’excommunication.

A moins d’excommunier tous les négationnistes (chrétiens et non chrétiens) ? Et tous les mal pensants ? Et tous les pécheurs ? Bref, cette voie me semble sans issue : est-ce la bonne réaction pour résoudre ce genre de problèmes ?

En conclusion, je ne vois pas autre chose à dire que : dans ce dossier, Benoît XVI est irréprochable (à défaut d’être infaillible !)

Un des principaux problèmes de l’Eglise catholique actuellement, c’est qu’on est prêt à croire qu’elle est capable d’affirmer sérieusement n’importe quelle énormité. Du coup, l’infaillibilité pontificale est une énormité, exprimée en ces termes : « Comment pouvez-vous pensez qu’un homme devienne tout à coup infaillible ? » Souvent avec des mots plus outrés, voire plus grossiers.

Partons d’un autre principe : admettons que les évêques sont des personnes intelligentes et cultivées, raisonnables — donc ce qu’ils disent émane nécessairement d’une certaine conception du monde, dans laquelle leurs réflexions sont logiques.

A partir de là, voyons ce qui permettrait de rendre l’infaillibilité pontificale logique, voire nécessaire. Evidemment il ne s’agit pas d’user d’imagination, mais de considérer la chose de l’intérieur de l’Eglise.

Comme d’habitude, je ne vais pas démontrer la justesse de ce dogme, mais en expliquer la logique. Comme d’habitude, l’objectif est que s’il doit y avoir un débat (ici ou ailleurs), il soit fondé sur des prémisses justes, et non sur une idée fausse de ce que pourrait imposer l’Eglise en matière de dogme.

L’infaillibilité : une nécessité pour l’Eglise

Les dogmes

D’abord, il faut savoir que l’Eglise se passe volontiers de formuler des dogmes : pour simplifier, elle ne le fait que lorsque l’absence d’énonciation d’une croyance sous la forme de dogme pose plus de problème que son existence. Il y en a en réalité assez peu de « dogmes ».

Sans m’étendre trop longuement sur ce qu’est exactement un dogme, il me semble nécessaire de le définir un peu ici : un dogme est un article de foi dont la négation peut entraîner des sanctions par l’Eglise, définies par avance. L’Eglise ne s’amuse pas à définir d’emblée, pour tout écart de foi possible et imaginable, les sanctions à envisager. Donc chaque dogme s’inscrit dans une histoire de débats, à la conclusion desquels l’Eglise se voit amenée à prendre une position « officielle » : ceux qui suivraient une position non officielle s’excluent de l’unité de l’Eglise.

Une conséquence immédiate à noter ici : un dogme ne concerne pas les moeurs (au sens de « morale » : distinction du bien et du mal), c’est-à-dire les actes des membres de la communauté. Ne pas se conformer aux normes morales de l’Eglise en matière sexuelle n’est pas aller à l’encontre d’un dogme. [Je précise aussi que l’Eglise prévoit des « sanctions » pour d’autres dossiers que des articles de foi : l’avortement en est un.]

J’insiste : il y a assez peu de dogmes. Le fait qu’un article de foi devienne l’objet d’un dogme est la conséquence d’un début  de scission au sein des croyants autour d’une question théologique. Une prise de position officielle et définitive de l’Eglise est jugée nécessaire lorsque cette scission entraîne des comportements non conformes au Christ. Au bout d’un moment, la « voix officielle » de l’Eglise décrète : « Maintenant, le débat est clos », avec l’idée que les partisans de la solution non retenue se rallieront forcément à cette conclusion, par nécessité.

Vous trouverez sur cette page de la Wikipedia une liste des articles de foi faisant l’objet de dogmes. La date de cette transformation article de foi -> dogme n’est jamais anodine, et témoigne de luttes internes.

Par exemple, concernant Marie, mère de Jésus, seuls trois dogmes la concernent :

  1. En 431, elle reçoit « définitivement » le titre de « Mère de Dieu ». Ce dogme permet de clore un débat, non sur Marie mais sur la nature humano-divine de Jésus : les deux natures, humaines et divines, sont réellement indissociables, à tel point que Marie n’est pas la mère seulement de la partie « homme » de Jésus, mais aussi de sa partie « Dieu ».
  2. En 1854, elle est dite non atteinte par le péché originel. C’est l’Immaculée Conception. Je reviendrai un jour sur le péché originel (que vous ne retrouvez d’ailleurs pas dans la liste des dogmes, alors qu’il s’agit bien d’un article de foi que professe l’Eglise catholique). Que ce dogme émerge au XIXe siècle ne signifie pas que cette croyance n’existait pas avant : elle existait si bien avant que saint Bernard (1090-1153) s’y opposait farouchement (cf. cet ouvrage)
  3. En 1950 enfin, l’Eglise affirme son Assomption (elle est « montée au ciel » avec son corps), conséquence logique du dogme précédent : la mort du corps découle de la corruption du péché originel. Quelqu’un qui n’est pas atteint par ce péché originel n’a aucune raison de voir mourir son corps…

Je vous demande de ne pas réagir tout de suite sur la pertinence de ces trois dogmes : je serai incapable d’y répondre (je n’ai pas assez de documentation sur ces sujets). Ce que je voulais faire ressortir, c’est que la virginité de Marie ne s’y trouve pas. Pourtant c’est bien un article de foi de l’Eglise, et particulièrement ancien : on en trouve des témoignages insistant dans plusieurs évangiles apocryphes, aux IIe-IIIe siècles.

Mais la virginité de Marie n’a jamais fait l’objet d’une contestation telle qu’elle nécessite une prise de position officielle et définitive de la part de l’Eglise.

Qu’est-ce qu’une position officielle et définitive ?

Prenons une comparaison : en 1598, le roi Henri IV reconnaît à la religion protestante un droit de culte. C’est l’édit de Nantes, qui est dit « ferme et irrévocable ». En 1689, par l’édit de Fontainebleau Louis XIV révoque l’édit de Nantes. Cet édit de Fontainebleau est également ferme et irrévocable.

En réalité, lorsqu’un historien relève (parfois en souriant) que l’édit de Nantes était irrévocable, il oublie que c’est par définition qu’un édit s’auto-affirme irrévocable. En effet les textes légaux sont toujours rédigés sous une forme qui permet d’en reconnaître le type. Une des caractéristiques des édits royaux (par opposition, par exemple, aux décrets ou aux lettres de cachet) était que le texte contenait l’expression : « ferme et irrévocable ». Cela n’empêchait nullement un roi de révoquer des édits antérieurs, et l’édit de Nantes n’est bien évidemment pas le seul à avoir été révoquer.

Revenons à présent aux positions de l’Eglise.

J’aime beaucoup la méthode du père Varillon lorsqu’il reprend les fondamentaux de la foi dans Joie de croire, Joie de vivre : à propos de la Trinité notamment, il demande « Qu’est-ce que ça changerait pour moi au quotidien si Dieu n’était pas trinitaire ? » Il en décline ensuite les conséquences pour conclure à cette question : Tout. Ce sujet pourtant de haute théologie a des impacts concrets sur le quotidien d’un chrétien.

Posons-nous donc la même question au sujet de l’infaillibilité : Qu’est-ce que ça changerait pour moi si l’Eglise n’était pas en mesure d’affirmer des choses de manière définitive ?

Très clairement : tout.

En effet, ce que je recherche comme chrétien, c’est un chemin vers Dieu. Si je me mets à croire que l’Eglise peut me faire avaler des vérités qui n’en seront pas demain — qui donc ne sont pas des vérités — j’arrête aussitôt de croire à tout ce qu’elle me dit. J’arrête même de croire que Jésus est le fils de Dieu et qu’il est ressuscité !

L’enseignement de l’Eglise n’a de sens que si elle a la possibilité de l’affirmer comme étant définitif, définitivement vrai. Donc dans certains cas il faut qu’elle puisse dire qu’elle est infaillible. (cf. l’article anglais de la Wikipedia : l’infaillibilité de l’Eglise)

Comment le catéchisme de l’Eglise décrit l’infaillibilité

Ce sont les articles 888 à 892 (souligné par moi), qui se trouvent dans la section : Les fidèles du Christ. Hiérarchie, laïcs, vie consacrée > La constitution hiérarchique de l’Eglise

La charge d’enseigner
 Les évêques, avec les prêtres, leurs coopérateurs, « ont pour première tâche d’annoncer l’Évangile de Dieu à tous les hommes » (PO 4), selon l’ordre du Seigneur (cf. Mc 16,15). Ils sont « les hérauts de la foi, qui amènent au Christ de nouveaux disciples, les docteurs authentiques » de la foi apostolique, « pourvus de l’autorité du Christ » (LG 25).
Pour maintenir l’Église dans la pureté de la foi transmise par les apôtres, le Christ a voulu conférer à son Église une participation à sa propre infaillibilité, Lui qui est la Vérité. Par le « sens surnaturel de la foi », le Peuple de Dieu « s’attache indéfectiblement à la foi », sous la conduite du Magistère vivant de l’Église (cf. LG 12 ; DV 10).
La mission du Magistère est liée au caractère définitif de l’alliance instaurée par Dieu dans le Christ avec son Peuple ; il doit le protéger des déviations et des défaillances, et lui garantir la possibilité objective de professer sans erreur la foi authentique. La charge pastorale du Magistère est ainsi ordonnée à veiller à ce que le Peuple de Dieu demeure dans la vérité qui libère. Pour accomplir ce service, le Christ a doté les pasteurs du charisme d’infaillibilité en matière de foi et de mœurs. L’exercice de ce charisme peut revêtir plusieurs modalités :
« De cette infaillibilité, le Pontife romain, chef du collège des évêques, jouit du fait même de sa charge quand, en tant que pasteur et docteur suprême de tous les fidèles, et chargé de confirmer ses frères dans la foi, il proclame, par un acte définitif, un point de doctrine touchant la foi et les mœurs (…). L’infaillibilité promise à l’Église réside aussi dans le corps des évêques quand il exerce son Magistère suprême en union avec le successeur de Pierre », surtout dans un Concile Œcuménique (LG 25 ; cf. Vatican I : DS 3074). Lorsque par son Magistère suprême, l’Église propose quelque chose « à croire comme étant révélé par Dieu » (DV 10) et comme enseignement du Christ, « il faut adhérer dans l’obéissance de la foi à de telles définitions » (LG 25). Cette infaillibilité s’étend aussi loin que le dépôt lui-même de la Révélation divine (cf. LG 25).
L’assistance divine est encore donnée aux successeurs des apôtres, enseignant en communion avec le successeur de Pierre, et, d’une manière particulière, à l’évêque de Rome, Pasteur de toute l’Église, lorsque, sans arriver à une définition infaillible et sans se prononcer d’une « manière définitive », ils proposent dans l’exercice du Magistère ordinaire un enseignement qui conduit à une meilleure intelligence de la Révélation en matière de foi et de mœurs. A cet enseignement ordinaire les fidèles doivent « donner l’assentiment religieux de leur esprit » (LG 25) qui, s’il se distingue de l’assentiment de la foi, le prolonge cependant.

Donc

  • c’est le « Magistère » (= l’Eglise en tant qu’institution, et non peuple des baptisés) qui bénéficie de l’infaillibilité du Christ.
  • Cette infaillibilité ne s’étend que sur le contenu de la Révélation, et sur rien d’autre. Donc sur la nature de Dieu (la foi) et sur la distinction du bien et du mal (la morale, ou les moeurs). Les notions épidémiologiques (comment lutter contre le sida) n’entrent pas dans ces catégories.
  • Une fois posé le principe que l’Eglise puisse être infaillible en matière de foi et de moeurs, il faut se demander par quelle(s) voix s’exprime cette infaillibilité (qui a le droit de parler en son nom). La réponse est :
    • par le pape
    • par l’assemblée des évêques, en particulier réunis en concile.
  • Le dernier paragraphe introduit une subtilité plus grande encore : l’évêque de Rome s’exprimant sur ces sujets « licites » peut ne pas engager le principe d’infaillibilité (autrement dit il se peut qu’à l’avenir un autre pape, ou un concile, déclare qu’il s’était trompé), mais cela ne signifie pas que les fidèles puissent aisément contester ses enseignements.

Je n’irai pas me lancer dans une distinction entre « assentiment religieux » et « assentiment de la foi » : c’est trop gros pour moi (au moins pour le moment).

Ce sur  quoi je voulais essentiellement insister, c’est que :

  • le principe d’infaillibilité est logique, et même indispensable, pour qu’une Eglise puisse avancer.
  • l’Eglise a eu sa manière, inscrite dans l’histoire, de définir qui pouvait s’exprimer en son nom, ou plutôt au nom du Christ.
  • son étendue est limitée à des questions assez légitimes (un médecin ou un météorologue ne peuvent être remis en cause dans leurs compétences scientifiques par les affirmations d’un pape).
  • son expression ne prend pas seulement la forme de dogmes : ceux-ci ne portent que sur des points théologiques, alors que l’infaillibilité de l’Eglise peut être engagée sur des points moraux.
  • son usage est réduit : un pape peut publier une encyclique sans spécifier qu’elle traite des points de manière définitive. D’après la Wikipedia, le premier, dernier et unique usage qui en a été fait à ce jour a été en 1870, pour la promulgation du dogme de l’Assomption (donc lors du même concile de Vatican I que pour le dogme de l’infaillibilité lui-même). La version anglaise du même article complète cette information. Notez d’ailleurs qu’elle mentionnes des exemples antérieurs au dogme même comme des illustrations de cette infaillibilité…

Contestations possibles

Donc si débat il peut y avoir, c’est

  1. en connaissant d’abord les raisons, la logique et les limites de cette infaillibilité
  2. en précisant si la contestation porte sur
    • le droit à l’Eglise de se déclarer infaillible (y compris sous la forme de conciles) — et dans ce cas, expliciter si on estime que les premiers conciles (reconnus par toutes les Eglises, avant les schismes successifs) étaient ou non infaillibles
    • l’inutilité (et l’absurdité) d’attribuer cette infaillibilité au Pontife seul (sachant tout de même que, quand il s’exprime en « faisant jouer » cette infaillibilité, le pape n’est jamais seul) alors que le Concile en disposait déjà (sans faire l’objet d’un dogme)
    • l’opportunité d’en faire un dogme plutôt qu’une simple « pratique » (plus discrète et moins polémique)
    • les risques que ce dogme peut entraîner (si un pape se met à faire n’importe quoi)
    • ou les problèmes que cela a déjà généré (dans quels cas cette infaillibilité a posé problème, en dehors de son principe même ?)
    • j’en oublie certainement, mais le fait est là : que conteste-t-on exactement lorsqu’on conteste l’infaillibilité pontificale ?

Je rappelle enfin que, bien évidemment, ce dogme de l’infaillibilité pontificale s’inscrit dans un contexte particulier, qui a fait mûrir son émergence. Ce contexte, évoqué notamment ici, permet de comprendre qu’il posait alors moins de problèmes aux consciences des fidèles que de nos jours. En inversant les données, il nous permet aussi peut-être de nous envisager nous-mêmes comme dans un contexte spécifique, nous invitant à nous demander pourquoi, aujourd’hui, ce dogme pose plus problème qu’auparavant.

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