Mon précédent billet était confus, révélateur sans doute d’une difficulté de ma part à comprendre, non pas le sentiment de citadelle assiégé de certains coreligionnaires, mais de mon propre état.

Je pense avoir posé une nouvelle pierre dans cette compréhension.

Je crois que les catholiques français d’aujourd’hui ont le sentiment d’être dans un Etat de tradition chrétienne, où la spiritualité et la religiosité sont progressivement grignotés.

Je considère pour ma part, au regard de l’ignorance complète des personnes que je fréquente vis-à-vis de la religion chrétienne et de l’Eglise catholique, que nous sommes dans un pays athée mais largement bienveillant, et que je suis membre d’une religion minoritaire.

L’histoire de la France est sans doute catholique (le nombre des églises en témoigne), mais nos contemporains ne sont pas dépositaires de cette mémoire. Et ce n’est pas que strictement religieux : si le Tétramorphe est une question au concours d’entrée de l’Ecole du Louvre (quel animal représente saint Marc ? qui est l’aigle ? est-ce un ange ou un homme ?), c’est que l’aspect culturel strict est perdu.

Reste évidemment un terreau, des valeurs morales communes, etc. Ma problématique n’est pas de savoir ce qu’il reste du passé chrétien chez les Français d’aujourd’hui, mais comment un catholique de nos jours doit considérer la société française pour grandir en son sein.

Et il m’apparaît évident qu’il est plus fructueux, pour tous, qu’il se considère simplement comme minoritaire, non représentatif — et non comme un fils spolié de son héritage.

Nous ne sommes alors plus dans une citadelle assiégée (dont nous préserverions les derniers trésors), mais dans une terre de mission. Nous ne sommes plus martyrs, nous sommes apôtres. Belle mission que Dieu nous confie là !

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