On en parle notamment chez les Sacristains, dans La Croix et dans le Pélerin.

La manière dont ce genre d’information relance un débat déjà récurrent est connue : un sondage, témoignant d’une insatisfaction des catholiques devant l’attitude de l’Eglise.

Je ne vais pas rentrer dans une argumentation raisonneuse : ces personnes divorcées vivent des situations de tensions, et la meilleure chose à faire, c’est qu’elles se sentent accueillies dans la communauté de l’Eglise.

Mais j’aimerais reprendre la question de la méthode face à ces insatisfactions :

  1. l’Eglise, dans la manière dont elle est perçue à travers ces sondages, est perçue comme pourvoyeuse de services
  2. les sacrements (comme le mariage et l’eucharistie) ne sont pas des prestations de droit. Je ne veux pas dire par là qu’il faut les refuser, je veux dire qu’ils émanent d’une autre logique, celle de Dieu qui se donne. Dieu qui se donne, cela ne signifie pas le droit de le réclamer
  3. Depuis Job, Dieu nous autorise néanmoins le droit de se plaindre

Mais passée cette plainte, il faut trouver une démarche constructive. Voici ce qui me semble une évidence : si quelque chose me frustre ou me mécontente dans l’Eglise, je ne vais pas d’abord et seulement m’en plaindre, je vais surtout aller voir un prêtre pour en parler avec lui.

Si vous ne comprenez pas pourquoi le Pape a dit telle chose, pourquoi telle personne est excommuniée et telle autre non, etc., en dépit de la crise des vocations il reste suffisamment de prêtres en France pour pouvoir en trouver un pas trop loin de chez soi.

Aller voir un prêtre pour en parler, cela ne signifie pas y aller pour lui faire entendre raison, pour escompter sortir de l’entretien en ayant fait changer l’Eglise sur ses positions initiales.

Aller voir un prêtre, cela signifie accepter l’idée de, d’abord, me mettre à l’écoute de ce qu’il a à me dire, lui laisser la possibilité de m’expliquer pourquoi l’eucharistie n’est pas donnée aux divorcés qui vivent de nouveau en couple, et pourquoi un second mariage religieux n’est pas envisageable.

C’est une attitude peu familière dans la société contemporaine, où nous sommes plus habitués à courir les bureaux de postes et les guichets de banque pour faire entendre nos réclamations. Là, il s’agit d’entrer dans une démarche d’écoute et d’humilité, où, au moins pendant un temps, on met ses propres envies en suspens, juste pour voir ce qu’il aurait à nous dire.

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