La lecture du jour (dimanche des Rameaux) ne nous laisse pas le choix : à ceux qui, sur le parvis de Notre-Dame, auraient voulu avec d’autres casser la gueules aux provocateurs (22/03/2009 – article du Monde1), Jésus par son attitude ne nous laisse pas le choix : face à la provocation et/ou à la haine et/ou au mépris, le chrétien doit se laisser faire.

Si si : se laisser frapper, cracher dessus, insulter — et laisser insulter « son » pape, aussi. Croyez-vous que le pape nous soit plus cher que Jésus n’était cher à Dieu.
Etre chrétien, c’est imiter Jésus. C’est donc révéler le Dieu que lui-même nous a révélé : un Dieu qui se laisse bafouer.

Notre témoignage est là. Précisément là.
Si vous pensez qu’en réagissant, vous rendez mieux service à Dieu, c’est que vous estimez que Jésus s’est trompé en se laissant faire : vous estimez qu’il aurait dû appeler à lui les légions d’anges pour le descendre de la croix (Mt XXVI, 53).
Donc vous dénaturez de l’intérieur la Parole de Dieu et vous dénaturez l’image que vous donnez de lui au monde.

La grâce agit exactement dans le refus de réagir.
Elle peut agir sous la forme d’une conversion intérieure.
Elle peut agir sous la forme d’une conversion de celui qui vous frappe.
Elle peut agir en vous donnant le « don des langues », c’est-à-dire en vous donnant la capacité à transmettre la parole de Dieu, y compris à celui qui vous frappe. C’est d’ailleurs le pendant de ce qui s’est passé sur le parvis de Notre-Dame de Paris : devant la cathédrale Saint-Jean, à Lyon, la grâce à agi.

Ce qui est certain, c’est que les chrétiens n’ont pas à agir pour elle, n’ont pas le droit de croire qu’ils pensent mieux que Dieu.

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1. Je note d’ailleurs que le Monde oppose dans son article des communistes et écologistes à des militants d’extrême-droite. J’appelle ça une bagarre de nature politique, pour ma part.

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